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"Aider les familles et amis de malades psychiques"
UNION NATIONALE DE FAMILLES ET AMIS DE PERSONNES MALADES ET/OU HANDICAPEES PSYCHIQUES
UNAFAM
- UNAFAM - Délégation YONNE 89 - Bourgogne -
-Association reconnue d'utilité publique-
   
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    page témoignage - Délégation YONNE 89 - région Bourgogne


COMMENT SE COMPORTER






COMMENT SE COMPORTER Communication d'une psychologue

Origine de l'article : section unafam89 - Courriel : infos@unafam89.org

Le comportement des familles ayant un proche atteint d'une maladie psychique

Voici l' intégralité de la communication effectuée par Madame Brigitte Verset ,psychologue réfèrent de l'UNAFAM21 lors de la réunion des familles du 20 Novembre 2004

"Merci d' abord de m' avoir fourni l' occasion de réfléchir et travailler à cette question.Si l' on ne se connaissait pas déjà ,je ne suis pas sure que j' aurais accepter de la traiter tant elle m'apparait délicate et difficile, tant aussi je me sens peu à ma place pour parler de vous tous ici réunis.J'avais plutôt en tête de vous parler des psychothérapies , qui sont plus de mon registre, ça se fera en septembre prochain d' ailleurs mais je vais tenter de répondre à la demande de M.JAN.J'insiste sur la nécessité de vos réactions,nous aurons un temps pour échanger.

Je vais partir d' un point de vue capital évoqué par Mr JAN lorsque j' étais intervenu l' an passé.Ce n' est pas à proprement parler un comportement,c' est plutôt un processus psychique à l' oeuvre de manière inconsciente chez tout parent,que l' enfant soit en bonne santé ou malade physiquement ou psychiquement,il s' agit de faire le deuil de l' enfant imaginaire et idéalisé.Qu'il s'agisse de l'enfant réparateur et compensatoire de toutes nos insuffisances,de nos échecs,de nos manques et de nos douleurs ou encore de l'enfant destiné à répéter notre réussite telle que nous l' estimons,cet enfant là il faudra d' une certaine manière accepter de le perdre pour accueillir l' enfant réel.

Une petite parenthèse:vous remarquerez que je fais un parallèle avec la situation ayant un enfant sans problèmes particuliers,cela se retrouvera dans mon propos.En effet il y a à la fois du semblable et de la différence dans ce qui est mobilisé inconsciemment et consciemment chez un parent,que l' enfant soit en difficulté ou pas.

Revenons à ce processus ,Mr Jan avait dit à juste titre "faire le deuil de l' enfant idéal",cela s' apparente à un véritable processus de deuil avec les mécanismes qu 'il met en jeu.

Le déni d' abord:quel parent lors de l' éclosion de la maladie psychique de son enfant,ne va pas refuser de prendre en compte cette réalité insupportable?L'enfant n'est pas considérer comme malade mais paresseux voire méchant.C'est particulièrement patent face aux patients qui associent des conduites toxicomaniaques à leur maladie;les parents ont tendance à confondre la case et l' effet;certains soignants aussi d'ailleurs.Ce n'est pas le haschisch qui rend le jeune malade .Ce toxique est utilisé de manière excessive pour calmer ses angoisses,c' est en quelque sorte la mauvaise solution qu 'il a trouvé au problème qui pré-existait .Je dis bien mauvaise solution car la conduite toxicomaniaque va exacerber les phénomènes notamment de repli et de refuge dans l'imaginaire.Ce déni de la maladie va parfois amener certain parents trop désemparés à chercher un autre médecin qui infirme le diagnostic premier et annule la prise en charge proposée.

La seconde dimension à l'oeuvre dans un processus de deuil ,je dis seconde pour la clarté du propos,mais elle peut être simultanée,sera celle de l'agressivité éprouvée par les parents envers l'enfant ou envers les soignants ou encore envers eux-même.Cela peut être très destructeur pour tout le monde.Cette agressivité est générée par la recherche coupable:le jeune lui-même parce qu'il se drogue par exemple ,les soignants parce qu'ils ne comprennent rien,ne savent pas guérir ou aider,les parents eux-mêmes qui se mettent avec angoisse et douleur à se demander quelle faute ils ont bien pu commettre dans l'éducation de cet enfant malade.Ce qui est regrettable c'est la culpabilisation qui a été faite dans les années 70 des familles soit par certains tenants d'une pseudo-psychanalyse,soit par certains se réclamant de la thérapie familiale.Je tiens à dire qu'aucun des grands psychanalystes s'étant intéressés à la psychose ,qu'il s'agisse de FREUD de LACAN ou de DOLTO n'a jamais dit ou écrit que les parents étaient coupable de la maladie de leurs enfants.Ce serait une absurdité car l culpabilité suppose une intentionnalité:quel parent souhaiterait rendre son enfant malade et mettrait en oeuvre consciemment je ne sais quoi pour y parvenir?Comment pourrait-il y parvenir?Il faut garder son bon sens.

Bien sur les parents de malades psychiques font des erreurs,comme tous les parents,ni plus ni moins,bien sur ils ont une part de responsabilité dans ce qui se joue autour de l'enfant,comme tous les parents et également comme les jeunes en souffrance eux-mêmes.Tout sujet humain porte la responsabilité de ce qu' il est ,de ses actes ,de sa façon d' être au monde et en même temps il convient de ne jamais oublier que tout sujet humain fait ce qu 'il peut.....

Dans ce processus de deuil d'un enfant conforme on peut aussi repérer une dimension de tristesse comme dans tout deuil,comme dans tout mouvement de désidéalisation,ça ne se passe pas comme on l'espérait,on est déçus.Il y a un renoncement et une perte donc forcément de la douleur.Comme lors d'un deuil face à un décés le collectif est important pour soutenir,pour élaborer,pour partager dans la parole,que ce collectif soit celui de la famille ,des amis,ou d'une association comme la vôtre.Le temps est nécessaire pour traverser cette épreuve.

Les parents qui le peuvent parviendront à une autre dimension,dernière de ce processus de deuil de l'enfant idéal,celle de l' investissementde l' enfant réel ,tel qu 'il est,avec ses difficultés et ses potentialités.Un enfant plus fragile que les autres ,un enfant qu 'il faudra souvent accompagner plus longtemps que les auters.Je vais tenter de dire quelque chose sur cet accompagnement.

Il me semble que le piège pour les parents de malades psychiques s'originera dans un même mobile inconscient avec deux types de comportements opposés.

Les parents de patients psychotiques n' en ont vraiment jamais fini avec ce deuil dont je parlais précédemment,comme la plupart des parents d' ailleurs qui regretteront souvent que leur enfant n' ait pas fait des études plus longues,épousé une autre personne ou encore eu plus ou moins d' enfantsà son tour...Ce n' est jamais ça comme on voudrait...Et heureusement car cela vient dire la liberté relative de l' enfant ou au moins nier la supposée toute-puissance parentale.

Mais bien sur c' est plus douloureux et complexe pour les parents d' enfants malades psychiques,quel est donc ce double piège, quasi inévitable?

Il a un double visage:le rejet ou la surprotection,avec la même origine:l' impossible acceptation de la différenciation de la séparation tant l' angoisse est grande.

Le rejet manifeste ne doit guère vous concerner puisque vous êtes ici,nous le rencontrons en tant que soignants et on peut bien les comprendre ces parents qui en ont assez de se confronter à l' agressivité voire à la violence physique de leur enfant et qui ont peur....ou qui n' en peuvent plus de le ramener à l' hôpital parce qu 'il ne prend pas son traitement...ou qui sont épuisés de le voir se mettre en danger dans des conduites à risque quelles qu 'elles soient...et bien d' autres choses qui peuvent déclencher le rejet.

La surprotection peut-être tout aussi problématique voire destructrice des capacités évolutives du patient,elle vient dire la même impossible acceptation de l' enfant dans la séparation et dans la différenciation .Comment faire confiance à ce jeune ou ce moins jeune qui renonc e à ses traitements et se retrouve pour la énième fois à l' hôpital en plein délire?Comment ne pas avoir peur pour lui quand on le voit hors de toute réalité se mettre en danger d' une manière ou d' une autre?Comment supporter son agressivité quand on veut l' aider?Comment prendre acte de ce qu 'il est malgré sa maladie ;responsable de ses actes?Comment tout simplement accepter qu 'il a grandi malgré tout et échappe à la tutelle parentale?

C' est un long et difficile travail pour tout parent ou frère/soeur d' un malade psychique il ne peut se faire sans l' aide des soignants,notamment dans les groupes de parents et sans l' aide d' associations comme la vôtre.Cest un travail du même ordre qui est à accomplir pour les soignants,ne pas penser à la place,respecter le sujet en face de soi malgré les craintes qu 'on a pour lui.C'estaussi d' une certaine manière le problème du droit d' ingérence,que partagent familles et soignants.

Jusqu 'où peut-on aller dans notre aide?Quand basculons nous dans l' intrusion?

La réponse à toutes ces questions me semble tenir au bon sens là encore et ouvrir celle de la limite qui est vraiment grave ou dangereux?Il existe une limite pour vivre ,elle tient au respect de nos besoins:se nourrir ,dormir,manger mais aussi parler,être en relation avec les autres ,au moins avec les soignants, c'est un minimum pour un certain nombre de patients.J'ai tenté de vous dire l' an passé ,les sujets psychotiques sont et ne sont pas dans la même réalité que la nôtre.La limite pour eux s'inscrit et ne s'inscrit pas tout à fait.Pour tout humain cette limitte est celle de la loi pour rester en vie et vivre avec les autres, elle est une contrainte nécessaire,un cadre qui nous tient individuellement et nous permet de vivre ensemble.

Ce n' est pas de la morale dont il s' agit car qui peut dire le bien pour un autre quelqu'il soit?La morale c' est du côté de l' image et c' est plutôt un piège:je pense à un patient hospitalisé depuis bien longtemps.Quand il va plus mal il avale des fourchettes ou se mutile,ça c' est grave et dangereux.Quand il va mieux il se teint les cheveux,se laisse pousser les ongles et les vernit:ça ce n' est ni grave ni dangereux même si ça choque et bouscule la morale ,y compris de certains soignants qui ne voudraient pas qu 'il aille en ville ainsi.

C' est la loi qui s' incarne dans nos lois et nous permet de rester vivant avec les autres,je donnerai l' exemple du code de la route qui m' obligeà ralentir pour ne pas me tuer ou tuer les autres ,c' est un renoncement nécessaire,c' est encore une question de bon sens d' ailleurs.

Pour nos patients, vos proches, cette limite opère donc dans une certaine mesure ,pas pour tous,je pense à ceux qui ne peuvent pas vivre dans le collectif social.Elle peut opérer si nous sommes là,famille et soignants pour la rappeler,parfois pour l' incarner ou l' imposerà certains moments par exemple dans l' hospitalisation sans consentement.Il s' agit de ne pas se décourager, de ne pas oublier que le malade n' est pas mauvais quand il ne respecte pas les limites,par exemple en abandonnant son traitement mais au contraire de se rappeler qu 'il fait ce qu 'il peut, que pour lui cette limite n' est pas intégrée mais doit toujours être réinscrite dans les cadres que proposent familles et lieux de soin.La limite pour vivre et vivre avec les autres ne va de soi pour personne.J'en veux pour preuve l' existence de radars nécessaires à nous faire lever le pied ,la différence c' est que vous et moi savons l' existence de cette limite et décidons de jouer avec ou pas ,pour le sujet psychotique le radar n' existe pas vraiment et mieux vaudrait à la place un gendarme ou un uniforme.

C' est dans la relation à un autre ,parent et/ ou soignant que le patient pourra accepter cette limite à sa jouissance à la condition sine qua non que cet autre puisse lui aussi s' inscrire dans cette limite.

Pour terminer je voudrais évoquer une question difficile et rarement parlée, celle de la sexualité des malades psychiques.

Je rends hommage à UNAFAM NORD qui a réalisé en 2000 une étude auprès des familles de malades psychiques sur leurs représentations de la sexualité des patients.C'est un point de grande inquiétude pour les familles,elles craignent la déstabilisation,la souffrance en cas de rupture mais surtout,et à juste titre,elles se posent la question d' une éventuelle parentalité pour leurs enfants malades.

C' est une question pour le collectif social et aussi pour les soignants.Si les malades psychiques vivent de plus en plus en autonomie,avec des traitements adaptés et un espoir d' insertion professionnel cette normalisation s' accompagnera inévitablement d' un souhait de parentalité.En 18 ans de travail à l' hôpital,j' aiété témoin de deux exemples de couples de malades devenant parents.

Pour une de ces familles cela n' pas très bien fonctionné puisque l' enfant a fini par être retiré;ils étaient sans soutien de la famille élargie et avec une aide modérée des institutions.

La seconde de ces familles, d' origine maghrébine,a bénéficié d' un appui conséquent du collectif familial et des équipes soignantes ,ça a bien marché.

Bien sur il ne s' agit que de deux exemples et on ne peut en tirer des conclusions.Pour autant la question va se poser inévitablement car les patients psychotiques sont comme tous les humains ;la vie leur est plus facile s' ils parviennent à vivre leur sexualité,notamment dans un lien de durée qui ne peut que les amener au désir d' enfant.

Quel accompagnement nous faudra-t-il inventer malgré l' insuffisance actuelle des moyens alloués à la prise en charge des malades psychiques?

Merci de votre attention"

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