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"Aider les familles et amis de malades psychiques"
UNION NATIONALE DE FAMILLES ET AMIS DE PERSONNES MALADES ET/OU HANDICAPEES PSYCHIQUES
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SUISSE:LA SCHIZOPHRENIE A L'ECHELLE DES NEURONES 09/02/2015

Article sélectionné par Jean-Claude

In LARGEUR.com  04 février 2015

La schizophrénie à l’échelle des neurones  

Les progrès récents des neurosciences et de l’imagerie médicale ont permis de mieux comprendre cette pathologie, longtemps demeurée parent pauvre de la recherche médicale. Un nouvel espoir pour les patients?

Par Stephany Gardier
De «Vol au-dessus d’un nid de coucou» à «Fight Club», la schizophrénie a de nombreuses fois joué les premiers rôles au cinéma, témoignant de la fascination qu’exerce ce trouble psychotique auprès du grand public. Et ce, plus d’un siècle après sa première description par le psychiatre zurichois Eugen Bleuler. Mais ce que le septième art raconte de la maladie – qui toucherait 24 millions de personnes dans le monde – est souvent bien éloigné de la réalité et concourt à alimenter de nombreux lieux communs.

Alors que peu de personnes connaissent réellement les symptômes caractéristiques de la maladie, le terme de schizophrénie est pourtant entré dans le langage courant, souvent pour désigner une double personnalité, ou des attitudes et propos contradictoires. Or il s’agit d’une confusion flagrante, le terme de schizophrénie signifiant littéralement «esprit fendu». «Les personnes schizophrènes souffrent d’une dissociation de l’esprit mais pas d’une personnalité double, commente Stéphane Jamain, chercheur au sein de l’unité Inserm de psychiatrie génétique du groupe hospitalier Chenevier-Mondor à Paris. Le sens commun qui est en train d’émerger correspond en fait plutôt aux troubles de la personnalité multiple.»

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SUITE DE L'INFORMATION

La schizophrénie à l’échelle des neurones (suite)

Peu de progrès dans la recherche thérapeutique

Affectant environ 1% de la population générale, la schizophrénie constitue un réel problème de santé publique, car l’impact sur la qualité de vie des patients est majeur: seul un malade sur cinq serait en mesure d’avoir une activité professionnelle. Connue depuis longtemps, la maladie ne fait pourtant pas l’objet d’innovations thérapeutiques. «La prise en charge médicamenteuse a très peu évolué depuis cinquante ans, constate Stéphane Jamain. Les neuroleptiques restent les médicaments les plus efficaces. Le seul progrès a consisté en une nouvelle génération de molécules, qui présentent un peu moins d’effets secondaires, et que l’on appelle antipsychotiques atypiques. Mais on peut avoir le sentiment que l’industrie pharmaceutique s’est désengagée.»

De nouvelles pistes thérapeutiques pourraient cependant émerger grâce aux avancées permises par les neurosciences ces vingt dernières années dans la compréhension des mécanismes biologiques impliqués dans la maladie. «Le premier apport des neurosciences a sans nul doute été de montrer que la schizophrénie est une neuropathologie, c’est à dire qu’il y a un substrat biologique aux troubles que présentent les patients», explique la professeure Kim Q. Do, neurobiologiste à la tête du Centre des neurosciences psychiatriques de l’hôpital universitaire de Lausanne. Elle a créé cette unité de recherche en 1998 avec la volonté de faire le pont entre la recherche fondamentale et la psychiatrie clinique. «Nous travaillons main dans la main avec les médecins du service de psychiatrie du CHUV», souligne la neurobiologiste.

Pendant longtemps les seules données disponibles concernant le cerveau des personnes schizophrènes provenaient de dissections post-mortem. «Personne ne voyait alors de lésions qui auraient pu expliquer la maladie, raconte Kim Q. Do. Ce sont les importants progrès techniques, notamment en microscopie électronique et en imagerie médicale, qui ont permis de mettre en évidence des différences structurales entre un cerveau sain et celui d’un patient schizophrène.» On sait aujourd’hui qu’en cas de schizophrénie, la couche corticale du cerveau peut s’amincir. La matière blanche cérébrale, qui contient les réseaux de fibres assurant les connexions entre les différentes régions du cerveau, est également touchée.

Un facteur génétique

«Aujourd’hui tout le monde est d’accord pour dire que la schizophrénie est une maladie neurodéveloppementale complexe dans laquelle interagissent des facteurs génétiques et environnementaux», souligne Kim Do. Les premiers symptômes se produisent habituellement à l’adolescence, mais la maladie commencerait bien avant, dans l’enfance, lorsque dans le cerveau se mettent en place les réseaux de connexions nerveuses.

Depuis 2009, de grand progrès ont été faits dans la compréhension des bases génétiques de la schizophrénie. «L’amélioration des techniques de séquençage à haut débit d’une part et le regroupement de centres de recherches en consortium a donné une nouvelle envergure aux études sur le génome, indique Stéphane Jamain. Ces travaux ont permis d’identifier des régions de l’ADN liées à la maladie où les patients schizophrènes présentent des variations génétiques plus fréquemment que les personnes saines. Nous portons tous certaines de ces variantes génétiques, mais c’est leur accumulation et aussi certaines combinaisons qui en feraient des facteurs de vulnérabilité chez les personnes malades.»

La plupart des facteurs de risque environnementaux pouvant favoriser le déclenchement de la schizophrénie sont peu spécifiques. S’y retrouvent notamment des complications de la grossesse (telles que l’hypoxie, la prééclampsie, ou des infections survenues dans les deux derniers trimestres). En cause également: des traumatismes physiques ou psychiques importants, vécus durant l’enfance.

«Comme il est actuellement impossible d’agir sur les aspects génétiques de la maladie, il est important de travailler sur une meilleure compréhension des facteurs environnementaux, dont certains peuvent être, dans une certaine mesure, contrôlés», ajoute Kim Q. Do. Son équipe de recherche explore depuis plusieurs années la voie du stress oxydant. «Chez les patients schizophrènes il y a une perturbation de l’équilibre dit «redox», explique la neurobiologiste. Nous avons toutefois pu récemment montrer dans un modèle animal de schizophrénie que l’apport pendant la période de maturation du cerveau d’une molécule anti-oxydante que fabrique notre organisme– le glutathion- permet de prévenir le développement de la maladie.» La scientifique participe également à des études qui visent à valider cette hypothèse chez des jeunes à risque, dans l’idée toujours d’avancer de front sur le versant expérimental et clinique: «Nous espérons trouver des marqueurs biologiques qui permettraient une détection précoce de ces enfants à risque et améliorer notre compréhension des mécanismes biologiques, pour ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques et préventives.»
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Trois questions à
Krzysztof Skuza, Professeur à l’HESAV-Haute Ecole de Santé Vaud

La prise en charge des maladies telles que la schizophrénie est longtemps restée l’apanage de la psychiatrie. Comment les recherches menées par les neurobiologistes dans ce domaine sont-elles perçues?

La psychiatrie a longtemps été à la fois bien seule et du même coup hégémonique dans le traitement de ces maladies. Les neurosciences des troubles mentaux se sont développées dans les années 1980, à un moment où la psychiatrie, particulièrement psychodynamique, était remise en cause, notamment en raison de certains abus institutionnels. En tant que scientifique, il est intéressant de voir que d’autres champs disciplinaires s’intéressent désormais à ces maladies, ce qui peut avoir des effets positifs pour la psychiatrie, qui doit se réinventer.

Mais il y a aussi chez les psychiatres une crainte légitime d’un certain positivisme de la biomédecine, parfois réductrice par rapport à la clinique psychiatrique. De plus, les cliniciens attendent de ces recherches qu’elles apportent un bénéfice pour le patient. Or, pour le moment, ce n’est malheureusement pas souvent le cas.

Les connaissances apportées par les recherches expérimentales en neurosciences n’ont pas encore permis de mettre au point de nouveaux traitements. Ont-elles néanmoins modifié certaines pratiques en psychiatrie clinique?

Plus que les neurosciences elles-mêmes, c’est la démarche scientifique qui, en s’imposant comme la référence absolue, a fait bouger certaines lignes dans les pratiques de psychiatrie. Mais pas toujours dans le bon sens. Le progrès et la rigueur scientifique des preuves sont nécessaires, ils ne doivent cependant pas empêcher la psychiatrie de puiser dans son passé.

Or, aujourd’hui, certaines pratiques qui ont fait leurs preuves dans la clinique, et ce pendant plusieurs décennies, sont dénigrées car elles ne sont pas «validées scientifiquement». Il est bien entendu légitime de justifier de l’efficacité d’une méthode quand le coût de celle-ci est assumé par la collectivité. Mais il faut éviter que la seule validation reconnue par les autorités ne soit la publication d’une étude randomisée en double aveugle, car cela prétériterait d’emblée tout traitement non médicamenteux. Il y a donc un parti pris aujourd’hui du «tout scientifique» au détriment de l’expérience clinique qui peut s’avérer délétère pour les patients, en diminuant l’offre de soins.

Vous dites que «la psychiatrie a tout à gagner à laisser le cerveau aux neurobiologistes, et à se réapproprier le corps». Pensez-vous que le corps soit le grand oublié dans la prise en charge des troubles psychiatriques?

La psychiatrie a «fétichisé» la parole et en paie peut-être le prix. L’intégration psycho-corporelle est d’une grande importance, surtout pour des maladies où le patient a un rapport très perturbé à l’être et donc à son corps, comme c’est le cas dans la schizophrénie. Pourtant, des approches qui ont fait leurs preuves en clinique existent. C’est le cas de la technique de l’enveloppement humide, ou pack, que l’on propose aux patients adultes volontaires. Le pack n’est pas un traitement de la schizophrénie mais un soin médico-infirmier qui peut aider le patient à gérer l’anxiété liée à sa maladie. C’est aussi un moyen pour lui de réintégrer son corps.

Durant les séances, deux soignants restent auprès du patient et sont disponibles pour parler ou simplement partager le silence, créant un cadre rassurant. Le pack fait partie de ces méthodes anciennes qui perdent du terrain du fait de leur statut empirique. Or, la pratique clinique montre que les packs sont bénéfiques pour certains patients. Nous l’avons d’ailleurs montré dans une recherche exploratoire et poursuivrons nos investigations dans le cadre d’un essai clinique.
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Une version de cet article est parue dans la revue Hémisphères (no 8).

 

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